Ultra-Trail de l'Eiger



Après Zermatt et le Cervin il y a 2 ans, c’est à Grindelwald au pied de l’Eiger que je pars pour courir un nouveau trail dans les Alpes suisses.

Vendredi 14 juillet 2017, Cécile me dépose à la gare de Nancy pour prendre le train jusque Saverne, lieu de rendez-vous avec Julien. Et, c’est en voiture que nous nous rendons à Grindelwald en Suisse. Au départ, je m’étais inscrit pour courir un ultra-trail de 101km mais comme j’ai été malade cette semaine, j’ai demandé à l’organisation de transférer mon inscription sur la course de 51km, ce qui n’a pas posé de soucis. Le trajet se passe bien avec une halte pique-nique et une visite rapide d’Interlaken en plus de quelques achats alimentaires. Nous arrivons en fin d’après-midi à Grindelwald située dans la région de la Jungfrau dans l'Oberland bernois à 1034m d’altitude au pied de la face Nord de l'Eiger. La commune est étalée dans le fond de vallée avec un superbe décor de montagne avec les sommets du Wetterhorn, Schreckhorn, Eiger, Mönch et Jungfrau. La soirée passe vite, retrait du dossard et des clés du bel appartement-chalet réservé par Cécile. Après le repas, nous ne résistons pas à faire une petite marche pour contempler le paysage.



C’est à 7h le lendemain, accompagné par Julien, que je prends le départ dans le sas du second groupe avec mon dossard 1796 et je suis très vite dans le peloton de tête, ce qui est étonnant et plutôt grisant. Nous partons du centre et le parcours monte dès le départ mais assez tranquillement, puis quittons Grindelwald pour arriver sur un sentier. En troisième position jusqu’au quatrième kilomètre, je rejoins les derniers du groupe précédent parti un quart d’heure plus tôt et maintenant le dénivelé est important pour atteindre le col de Grosse Scheidegg à 1962m d’altitude (8ème km). 



Dans le brouillard, il fait assez froid et je préfère ne pas m’arrêter sauf pour sortir du sac mes bâtons de trail. Quelques minutes plus tard, je croise Julien qui court seul de son côté. 


Le tracé du trail alterne montées et descentes jusque First, un éperon rocheux à 2168m d’altitude (14ème km). Il faut le contourner par un pont puis par une paroi suspendue, ce qui est assez vertigineux. Je continue sans forcer mon allure, arrive à Bussalp (21ème, 1800m) avec un bon ravitaillement et c’est ensuite la principale ascension de la course, avec une vue magique sur l’Eiger et la montagne enneigée.





Je retrouve Julien qui fait la montée avec moi jusque Faulhorm à 2681m d’altitude, presqu’à la mi-parcours (24ème km). Je suis à 4h58’ de course et pense avoir fait le plus dur car l’essentiel du dénivelé est fait…erreur. Toujours un peu malade, je ne peux que boire, mais heureusement il y a souvent du Coca Cola aux ravitaillements ; le parcours est désormais technique avec des pierriers. J’envoie un message à Cécile et continue mon aventure jusque Schnygge Platte (35ème km, 2068m) en passant sur une crête avec une vue magnifique sur les lacs et Interlaken. 




Le tracé descend ensuite en lacet et passe en forêt avec toujours des pierres et maintenant également des racines puis rejoint Burglauenen dans le fond de vallée (44ème km). J’entame la dernière ligne droite sous un soleil cuisant avec une dernière montée sèche pour arriver à Grindelwald après 52km et 10h de course. 



Comme souvent, j’aime terminer au sprint pour mon finish. Je pensais retrouver Julien mais il n’est pas sur la ligne d’arrivée ; il ne revient que 2h30’ plus tard…Mal renseigné par des bergers, il s’est retrouvé dans une autre vallée et a pu revenir après 1h30’ de trajet en train ! Heureusement, je n’ai pas eu trop le temps de m’inquiéter et nous mangeons joyeusement un repas copieux.



Le lendemain, après le petit déjeuner, avec Julien, nous partons en randonnée pour nous rendre au pied de l’Eiger. Nous passons par Alpigen (1615m) puis marchons sur l’Eiger trail, magnifique sentier d’altitude qui longe le pied de la paroi Nord de l’Eiger jusqu’au glacier d’Eigerletscher à 2320m d’altitude. C’est gigantesque et magique et quand nous levons la tête, l’Eiger avec ses 3970m et sa paroi verticale de près de 1800m de hauteur est juste au-dessus.





L’Eiger dont le nom signifie probablement le grand épieu et non l'ogre, contrairement aux idées reçues est célèbre grâce à sa face nord, la plus grande face des Alpes presque totalement verticale ou déversante, considérée par les alpinistes comme un des trois derniers grands problèmes des Alpes, avec le Cervin et des Grandes Jorasses. En effet, la face nord ou Nordwand en allemand (en réalité plutôt nord-ouest) est réputée pour sa difficulté et la première ascension date du 11.08.1858 par les guides suisses Christian Almer et Peter Bohren en compagnie de l'Irlandais Charles Barrington.
La première tentative sérieuse a été entreprise le 17.07.1934 par trois alpinistes originaires de Saxe, Willy Beck, Kurt et Georg Löwinger, qui ont atteint l'altitude de 2900m. Les deux alpinistes de Munich, Karl Mehringer et Max Sedlmayr, ont commencé leur tentative le 21.08.1935 et sont morts cinq jours plus tard dans une tempête de neige. La face nord rappelle également le souvenir tragique de la mort de Toni Kurz, Andreas Hinterstoisser, Edi Rainer et Willy Angerer en 1936. L'histoire de cette tentative est racontée par le film Duel au sommet (Nordwand en 2008).
Des morts, il y en aura encore jusqu'à la victoire en 24.07.1938 de quatre Austro-Allemands, Anderl Heckmair, Ludwig Vörg, Heinrich Harrer et Fritz Kasparek. Le 16.11.2015, le Suisse Ueli Steck effectue l'ascension en 2h22’ et établi ainsi le record de vitesse.



Après une pause pour boire en terrasse au pied des glaciers, nous revenons à Alpigen par Kleine Scheidegg ou plutôt kolossal Scheidegg avec plusieurs ses restaurants, une gare, des magasins de souvenir…La vue sur l’Eiger (3970m), le Monch (4107m), et le Jungfrau (4153m) est impressionnante. Une grande balade de 27km qui nous ouvre l’appétit !


Pour le troisième jour, à nouveau une belle randonnée de 28km en passant par Holenstein (1529m d’altitude), la station de Mannlichen (2227m) où nous nous arrêtons après un pique-nique à 2389m d’altitude et retour à nouveau par Kleine Scheidegg puis par Alpigen mais en variant un peu le parcours. Le fait du jour est qu’enfin j’ai pu apercevoir des marmottes ! Un couple de japonais (qui sont très nombreux à visiter cette région) nous a même prêté leurs jumelles pour mieux les observer.
En trois jours, avec Julien, nous avons marché et couru 120km tout de même avec 7000m de dénivelé positif, un bon entraînement pour la TDS fin août à Chamonix et surtout de supers moments passés avec mon frère.


15.07.2017 à 7h : Eiger Ultra-Trail E51 (Grindelwald, dossard 1796, 51km, 3100m D+, point culminant à 2681m, 3 points Itra) : 10h02'48" (105ème/800)
16.07.2017 à 9h45’ : Eiger Trail : 27km en 6h49’ avec 1645m D+, point culminant à 2389m

17.07.2017 à 9h06’ : Mannlichen Trail, 28km en 6h43’ avec 1507m D+, point culminant 2343m 




                                                                  





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