Le 80km du Mont-Blanc, deux frères ultra-trailers



Ces deux frères ne sont pas des novices en trail running, mais ce vendredi 24 juin à Chamonix, Julien et Rémi Massignan sont devenus des ultra-trailers !

Sportifs, ils l'ont toujours été, ceinture marron de karaté, ensuite classés en tennis, ils sont devenus marathoniens au début des années 2000. Quelques dizaines de marathons plus tard, ils se sont tournés vers le trail pour participer au prestigieux Marathon de Mont-Blanc en 2014, déjà à Chamonix dans le cadre de la coupe du monde de Skyrunning. C'est à ce moment-là, en regardant l'arrivée du 80km du Mont-Blanc, qu'a germé cette idée de courir un ultra-trail.
L'an dernier, leur course phare était l'Ice Trail Tarentaise sur les hauteurs de Val d'Isère avec l'ascension du glacier de la Grande Motte à 3652m d'altitude, le trail le plus haut d'Europe...


Qualifiés cette année pour le 80km du Mont-Blanc, une course réputée pour être l'une des plus dure d'Europe avec ses 6 montées à plus de 2000m d’altitude, et choisie pour le championnat du monde il y a deux ans, les deux frères sont sur la ligne de départ avec 1000 autres coureurs venant de 65 pays triés sur le volet. En effet, le 80km du Mont-Blanc, une boucle entre les deux versants de la vallée de l’Arve, est devenu une épreuve mythique de la vallée de Chamonix-Mont-Blanc.


Il est 4h du matin, il fait doux et l'aventure est en route. Dès le départ, tous les coureurs contemplent avec émerveillement ces superbes montagnes et le parcours s’élance avec tout de suite plus de 1400m de dénivelé positif pour rejoindre le Brévent.



Au sommet à 2461m d’altitude, le jour se lève sur un désert de neige face au Mont-Blanc, majestueux. Le parcours devient complètement enneigé jusqu’à Planpraz. S’en suit le sentier en balcon jusqu’à la Tête aux Vents au vingtième km ; les paysages sont magnifiques, le ciel est d’un bleu limpide et il commence déjà à faire chaud.




La seconde montée emmène les trailers jusqu’aux chalets de Loriaz, suivie d’une descente assez longue et la course commence ensuite réellement avec la montée raide en plein cagnard jusqu’au barrage d’Emosson à 1962m d’altitude. Heureusement des torrents coupent régulièrement le sentier et les coureurs peuvent s’asperger à volonté pour se rafraîchir.


Julien, dossard 6130 et Rémi sous le numéro 6413 sont presqu’arrivés à mi-parcours et prennent le temps de se ravitailler longuement pour reprendre des forces. Beaucoup commencent à abandonner, tant la chaleur rend la progression difficile cette année.




La descente est très raide, technique et heureusement parfois ombragée. Arrivés au contrôle du Châtelard, il faut à nouveau monter jusqu’à Catogne (2322m d’altitude) et le soleil cogne fort ! Quelle température fait-il ? Plus de 30 degrés même en altitude…Enfin arrive une nouvelle descente, un peu moins ardue que la précédente, vers les Posettes et le Tour où un nouveau ravitaillement attend les coureurs.


C’est reparti ensuite pour la longue traversée de 10km avant d’arriver aux Bois. Nouveau contrôle, les deux frères doivent à nouveau se munir de leurs lampes frontales car la nuit s’annonce déjà.

La montée vers Montervers et la Mer de Glace commence et il ne faut pas perdre de temps car il y a une dernière barrière horaire à passer pour pouvoir finir cette aventure. Après le refuge des Mottets, le parcours devient à nouveau hyper technique et il faut souvent s’aider de ses mains pour progresser. Il reste ensuite une dernière montée sur un sentier panoramique mais vertigineux avec le précipice à la droite de celui-ci, puis les coureurs peuvent enfin plonger vers Chamonix. Néanmoins, des rochers et racines jonchent le sentier et les 1000m de dénivelé négatif sont devenus difficiles pour les muscles des jambes.

Julien et Rémi sont fatigués mais trouvent la volonté et les ressources pour terminer cet ultra-trail à bonne allure, presqu’en sprintant et franchissent la ligne d’arrivée à Chamonix tout sourire.



Nos deux frères terminent cet ultra-trail, long quand même de 84km avec 6001m de dénivelé positif et autant en négatif en 23h09’05, classés en 532ème position sur 1076 partants. Ils diront « c’était très beau, long et difficile mais on s’est quand même bien amusés ! »

Avec 47% d’abandon cette année, ce qui est énorme, le résultat n’en est que plus beau et prouve que le 80km du Mont-Blanc est une course sauvage et technique. Le journal sportif l’Equipe titrera sont article sur cette épreuve « Le 80km du Mont-Blanc : bienvenue en enfer ! »


Julien et Rémi sont devenus des ultra-trailers !





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