Benvenuti in Italia ! Corro su un volcano !


Bienvenue en Italie ! Je vais courir sur un volcan !


Je suis à moitié italien même si cela ne se remarque pas avec mes yeux bleus et mes cheveux blonds mais c’est pourtant vrai : mon père étant né dans la province de Venise en Italie et n’est venu en France qu’à l’âge de 11 ans.
Je me suis rendu dans ce beau pays pour la première fois à l’âge de 7 ans quand nous étions dans les Alpes, puis à 13 ans et 15 ans lorsque nous sommes partis en vacances avec mes parents et mon frère en Vénétie : nous avions visité Vérone, Padoue, Venise, Bolzano et le Trentino, le lac de Garde et les villes d’enfance de mon père : Trissino, Valdagno, Montechio Maggiore. J’y suis même retourné un an après, en voyage scolaire à Rimini. Et, par la suite, j’ai pu visiter Turin et Milan, Florence et Sienne et la capitale Rome, mais je ne connais pas encore le Sud de l’Italie.

Pour les 70 ans de Belle-Maman Jacqueline, nous l’accompagnons avec Cécile, en voyage à Ischia, en Italie du Sud. Ischia est moins touristique que Capri sa voisine ; elle est pourtant l'île la plus étendue et la plus peuplée de l'archipel (47 km² pour 60000 habitants). Située à l'extrémité occidentale du golfe de Naples, la douceur de son climat, ses plages de sable fin et les vertus curatives de ses eaux thermales ont beaucoup fait pour sa réputation.
Ischia est née d’une éruption volcanique à l’ère tertiaire il y a 35000 ans et est surnommée l’île verte en raison de sa végétation abondante, ses côtes alternant de jolies plages, des criques rocheuses et des ports colorés.
Historiquement, les premiers colons grecs s’y sont installés au VIIIème siècle avant J-C., rapidement, l’île était devenue un centre riche et prospère au carrefour de nombreux échanges commerciaux. Les Romains y viennent à leur tour au IIème siècle avant notre ère mais les éruptions et autres tremblements de terre paralysèrent néanmoins régulièrement l’activité. Le dernier en date, en 1825, détruisit la ville Casamicciola et lors du dernier séisme de 1883, un bout de cratère s’écroula. L’île n’a été rattachée à la province de Naples, la Campanie, en 1862.


Jour 1 : Au départ de Nancy, le lundi 16 mai 2016, nous partons sous la pluie en taxi à 5h30’ puis en bus jusqu’à la gare de Lorraine TGV. Nous poursuivons notre voyage en train jusqu’à l’aéroport de Paris Roissy Charles de Gaulle pour ensuite prendre un vol Easyjet jusque Naples. Après 2h de vol, nous arrivons à destination sous un beau soleil. Un voyage court en Alibus jusqu’à la gare centrale et nous pouvons visiter la ville tout en gagnant le port, après une bonne pizza pour prendre des forces. La ville de Naples est particulière et surprend tant elle est bruyante avec sa circulation frénétique.
Le monte Vesuvio, omniprésent est un volcan de 1281m d’altitude bordant la baie de Naples et est en sommeil depuis 1944, date de sa dernière éruption. Il est à l'origine de la destruction des villes de Pompéi, Herculanum, Oplontis et Stabies, ensevelies le 24 août 79 sous une pluie de cendres et de boue qui, ainsi, les a conservées jusqu'à nos jours dans leur état antique. Il est entré en éruption de nombreuses autres fois au cours des derniers millénaires et est l'un des volcans les plus dangereux du monde en raison de sa tendance explosive et surtout de la population importante qui vit à ses abords. La topographie du volcan est constituée de deux éléments : le premier est le monte Somma au nord, entourant partiellement le cône actuel, vestige de l'ancien édifice plus élevé, détruit par l'éruption de 79, et le second est le cône du Vésuve (Gran Cono), formé par après.
Naples est la capitale régionale de la Campanie et au-delà de son légendaire golfe au pied du Vésuve, la ville en elle-même renferme une culture riche et diversifiée et est un théâtre à ciel ouvert. Pour nous rendre au port, nous passons par le centre historique et la cathédrale, en trainant nos valises sur les trottoirs pavés. Le voyage en ferry jusque Ischia, avec un arrêt à la colorée Procida, pendant 1h30’ est plus calme et très agréable avec un magnifique panorama. Arrivés à Ischia Ponte, nous prenons un mini taxi jusqu’à l’hôtel Da Maria et il faut ensuite descendre plus de 200 marches pour arriver à destination. Le voyage valait le coup, la vue de notre chambre est paradisiaque, donnant sur la mer et le château !



Jour 2 : Mardi après une nuit récupératrice et un bon petit-déjeuner, nous prenons le fameux taxi boat qui est une barque taxi, meilleur moyen pour gagner rapidement Ischia Ponte. Nous visitons le centre d’Ischia Ponte et le château Aragonese (castello Aragonese). Ce château Aragonais est perché sur un promontoire rocheux et a traversé les époques : simple site d’observation durant l’antiquité, il a été fortifié au Moyen-Age et c’est le roi Alphonse d’Aragon qui, au milieu du XVème siècle qui a décidé de la construction de cet ensemble imposant. Le soir, comme tous ceux de la semaine, nous dînons au restaurant familial de l’hôtel : bruschetta et bira à la spina, pasta ou fruit de mer et le fameux vino rosso.



Jour 3 : Mercredi, après le petit-déjeuner, je pars exactement à 9h08’ pour mon premier trail en solo sur l’île d’Ischia.
Je suis impatient de découvrir une partie de l’île et je décide après avoir étudié plusieurs fois la carte de partir vers le Nord. Je commence par monter les 200 marches d’escaliers menant en haut de l’hôtel, emprunte la Via Castoromana pour rejoindre le centre d’Ichia Ponte. Je poursuis mon parcours par la route reliant Ischia Ponte de Porto, le port, lieu de notre arrivée.
La route monte et redescend tout le long et je longe la mer par son littoral. Je m’arrête parfois pour prendre des photos tant le panorama est beau. Il fait assez chaud et le soleil tape mais je suis parti coiffé de ma casquette et avec un litre d’eau dans mes flasques. Je traverse Casamicciola Terme puis Lacco Ameno situé au nord de l’île et qui est la première colonie grecque d’Ischia, au pied du Mont Epomeo. Je bifurque ensuite par une route ; un panneau indique une pente à 35% et effectivement…cela monte beaucoup. Je cherche le chemin pour revenir par les vignes mais au bout de quelques centaines de mètres, je me perds car il n’y a pas d’indications. Je fais donc demi-tour et continue mon trajet du retour par la même route qu’à l’aller.
Désormais en plein soleil, je commence à avoir chaud malgré ma casquette car je n’ai plus d’eau dans mes flasques. Je cours ce trail, isola d'Ischia pendant 2h15'10" (25km avec 611m de dénivelé positif tout de même).





L’après-midi, nous prenons le bus, toujours bondé, passons par Forio pour nous rendre à Sant’Angelo. Nous terminons le trajet à pieds sur un kilomètre mais avec cette chaleur, nous buvons un bon jus de fruit pressé avant.
Le paysage est magnifique : les maisons aux façades claires de cet ancien bourg de pêcheurs escaladent la colline en face de laquelle se dresse un promontoire rocheux. Après avoir visité le village et mis les pieds dans l’eau, avec Cécile, nous allons voir une des 69 fumerolles que compte l’île. Ce n’est finalement pas très impressionnant, une fumée sort simplement de la plage. Et le soir, nous pouvons ne recharger avec un bon repas au restaurant de l’hôtel.



Jour 4 : Jeudi, nous reprenons le bus, cette fois-ci par le Sud (comme cela, nous aurons fait le tour de l’île) pour aller à la plage de Montano et aux thermes Negombo.
Cette plage de sable fin au fond d’une profonde baie rocheuse est magnifique et est digne d’une carte postale. Elle est précédée par un splendide centre thermal et d’un jardin botanique. A Ischia, il y a au total 29 établissements thermaux et 103 sources, ce qui est beaucoup pour une petite île.


Jacqueline qui n’a pas pris son maillot de bain a quand même fait son plongeon dans la mer…sans faire exprès, mais a ensuite eu le temps de sécher sur un transat au soleil. Avec Cécile, nous avons beaucoup barboté et j’ai pu tester le bain japonais : dans un bassin en marchant pieds nus sur des cailloux dans de l’eau au départ à 18 degrés et pour finir le parcours à 38 degrés. Encore une belle journée, bien remplie !


Jour 5, vendredi 20 Mai, je mets le réveil pour me lever tôt et après le petit-déjeuner, je prends le départ à 8h39' pour aller en courant au somment de l’île : le monte Epomeo.


Je quitte comme la première fois notre hôtel par les escaliers en montée, la Via Cartoromana jusqu’à Ischia Ponte. Je prends ensuite la route par le viaduc romain jusque Barano, 5km plus loin. La circulation est assez dense et la route est étroite, mais je en suis pas à Naples, et ne crains rien des voitures. A l’entrée de la ville, je me renseigne auprès d’un Italien à scooter sur le trajet le plus court et il me répond que cela sera très long pour arriver au sommet…



Mais je poursuis ma route, qui monte en continue, surplombe la célèbre plage de Marondi puis Sant’Angelo. Je m’arrête à un point de vue pour prendre des photos tant le paysage est beau. La route est par moment escarpée, en lacet et je poursuis mon chemin. J’arrive à Fontana, dernière ville avant de prendre une autre route où un panneau indique Monte Epomeo ; il reste 3km.
La route se transforme en chemin puis en sentier et passe du macadam à la terre puis à de la roche qui est fait de la lave blanche. C’est maintenant très étroit, je suis dans les nuages et arrive à un champ de vigne juste avant une auberge au pied du sommet.


Je prends à nouveau quelques photos du panorama et vais jusqu’à la pointe culminant à 788m d’altitude, le vide me donne des frissons…Le monte Epomeo se situe quasiment au centre de l’île et est un terrain presque constitué de roche volcanique.






Je suis fier d’être allé au sommet de ce volcan surgi de la mer Méditerranée il y a 35000 ans, et dont la dernière coulée de lave remonte au XIVème siècle. Le retour se fait plus rapidement, je croise des marcheurs qui montent et je cours à plein régime.




Pour ce trail di Monte Epomeo de 25km avec 883m D+, j’aurai mis 2h25'45". L’après-midi, avec Cécile et Jacqueline, nous visitons Ischia Porto.


Jour 6, samedi 21 mai, jour du retour : trajets en taxi boat et en ferry pour rejoindre le port de Naples. Il fait très beau et nous pouvons encore nous laisser bercer par les vagues en admirant ce beau panorama. Nous continuons comme à l’aller avec Alibus puis par un vol Air France pour rejoindre l’aéroport de Paris Charles De Gaulle et nous arrivons sous la pluie…



Jour 7, dimanche 22 mai, après une nuit à l’hôtel et un bon petit-déjeuner, nous rentrons à Nancy en TGV ; quelle belle semaine de vacances !


L’île d’Ischia est enchanteresse, bercée par un soleil aussi généreux que la gastronomie locale et qui est un terrain de sport parfait, ce qui donne une certaine idée de la dolce vita.



                                          

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