Retour sur les traces des Marcaires




Entre les vignobles alsaciens et les crêtes vosgiennes, Munster est le départ de circuits pédestres, pistes et sentiers vers les sommets arrondis, les versants parfois escarpés, les lacs et surtout les prairies d'alpage, les hautes chaumes. Ces pelouses des sommets sont le repaire des Marcaires, ces détenteurs de la recette du bon et odorant fromage de Munster.


C’est en courant en forêt que je croise les plus d’animaux et la plupart du temps, c’est quand je pars de bonne heure le matin. En effet, j’ai eu la chance de pouvoir observer des chevreuils et des biches, de nombreux écureuils, mon animal préféré, des renards en hiver ou encore martre, belette, hérisson…
Et, le week-end dernier, sur le parcours de l’Ice Trail dans le parc de la Vanoise, avec Julien, nous avons pu observer cinq marmottes jouant entre-elles sans se soucier des traileurs qui passaient tout près. A chaque fois que je croise un animal sauvage, c’est vraiment un instant magique.

Aussi, une semaine après mon escapade alpine, je pars avec Cécile et sa Maman Jacqueline à Munster pour notamment rendre visite à Violaine et ses enfants avant leurs départs pour Djibouti en Ethiopie. Je suis assez impatient car mon temps de récupération d’après trail est maintenant terminé et j’ai hâte de recourir sur les traces des Marcaires. Effectivement, cela fait déjà près de deux mois que nous étions venus en famille pour courir le trail des Marcaires, long de 52km en passant par le Hohneck et au pied du Petit Ballon.
Grace à ma carte pédestre, je peux préparer mes parcours, et la petite ville de Munster, fondée au 7ème siècle par des moines irlandais venus pour achever l'évangélisation de l'Alsace, est idéalement placée car en quelques minutes, je peux être en forêt et déjà sur les hauteurs.


Pour ma première sortie trail, je prévois une distance d’environ semi-marathon avec un sommet à plus de 1000m d’altitude. Aussi, je pars tôt et démarre par le chemin du Dubach en sortant de Munster juste après la rivière Fecht, à 367m d'altitude. Mon parcours passe par le village de Haslach à 552m et quelques minutes après celui-ci, je croise un beau chevreuil. Je suis ensuite la croix jaune et un chamois me passe juste devant…quel bel animal ! J’arrive ensuite rapidement à Baerenstall à 975m puis au Collet du Linge à 987m d’altitude avec son mémorial. Quelques visiteurs et des cyclistes sont également présents sur les lieux.
Je poursuis ma route jusqu’au sommet du Schratzmaennele à 1045m d'altitude en me disant que je suis arrivé vite et que cette ascension n’avait rien à vois avec celles du week-end dernier dans les Alpes. Et, sur l’arbre portant l’écriteau, un écureuil se fige, juste devant moi ! Il m’observe quelques secondes puis file à toute vitesse et je le pers de vue.
Le retour sera un peu moins amusant et je rentre par Gunzbach et son musée du fromage, que nous visiterons plus tard, avec au total 22km et 700m D+ couru en 2h14.




Le lendemain matin, je suis le même tracé mais juste après le départ, l’orage commence à gronder. Comme il avait déjà plu une grande partie de la nuit avec quelques coups de tonnerre, je ne pensais pas que le temps tournerait à nouveau au noir. Pour ne pas être complètement trempé, je m’abrite temporairement sous des petits sapins et mon toit de fortune me protège plutôt bien. Le temps s’éclaircie à nouveau et je poursuis mon trail vers le Kleinkopf à 940m d'altitude avec une superbe vue sur Munster, le Hohneck et même sur les Alpes Suisses ! Quel beau panorama et quelle luminosité ! Je poursuis vers le Barrenkopf situé un peu plus haut (à 981m d’altitude) et décide de faire demi-tour en prenant le chemin GR531 pour rentrer. Mais, à un moment donné, il n’est plus indiqué et je prends par défaut le chemin marqué d’un rond jaune. Celui-ci passe par un champ avec un tourniquet, mais juste après, un taureau m’observe... Il commence à meugler, sa queue fouettant l’air avec une de ses pattes arrière grattant le sol. Comme il y a trois semaines lorsque j’ai croisé des marcassins avec un sanglier, je fais aussitôt demi-tour ! La suite et fin du parcours sera plus calme, avec toujours un beau panorama et j’aurai couru 13,5km pour 533m de dénivelé positif.




 
Courir est un vrai bonheur ! Quand le tracé monte, ce bonheur devient encore plus grand, et mes yeux s’écarquillent devant la beauté de la nature. Lorsque j’ai la chance de croiser un animal sauvage, mon bonheur est complet.

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