Le trail des Marcaires




 
C'est vers la vallée du fromage en Alsace que nous nous dirigeons en train, Cécile et moi, ce samedi 23 Mai 2015. Après un changement à Strasbourg et Colmar, nous arrivons enfin à Munster et rejoignons Julien qui nous attend déjà devant la gare. Nous nous rendons ensuite à l'hôtel de la Verte Vallée, que nous connaissons bien car Cécile a travaillé au spa, il y a quatre ans.
Munster est une jolie petite ville du parc naturel des Ballons des Vosges et du piémont viticole alsacien. L’histoire de sa vallée date de l’époque Néolithique comme le prouve une meule de grès découverte près du Hohneck. Plus tard, vers l’an 660, à la confluence des deux rivières  
nommées Fecht, est fondée une abbaye, et c’est du mot latin « Monasterium » que la ville de Munster tire son nom.

Avec Julien, nous allons courir le lendemain la septième édition du Trail des Marcaires, un trail de 52km à travers la vallée de Munster, passant au sommet du Hohneck, au pied du Petit Ballon ou encore sur les Crêtes Vosgiennes, avec plus de 2200m de dénivelé positif. Cette course officielle du Trophée des Vosges à travers des décors unique comme les hautes chaumes, les tourbières, les cours d’eau, les lacs et étangs, va également nous permettre de nous classer au championnat d’Alsace de trail 2015 et de nous donner un point pour l’inscription à l'une des courses mythiques de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc de l’an prochain.

 
Après avoir été chercher nos dossards, le numéro 110 pour Julien et 100 pour moi, nous prenons un bon repas au restaurant de l’hôtel avec bien entendu un Picon bière en apéro. Nous nous couchons assez tôt, pour nous lever à 5h45’ ; un double expresso chacun, des gâteaux pour Julien et des pâtes pour moi, préparés la veille, et nous partons pour le lieu de départ. Cécile va nous rejoindre plus tard à l’arrivée avec Papa et Maman accompagnés d’Arthur.


 
La ligne de départ se trouve à la salle des sports à la sortie du village de Muhlbach-sur-Munster, qui doit son nom à un moulin (Muhle) au bord du ruisseau qui prend sa source au sud du Tannkoepflé. C’est à 7h34’ précise que le départ est donné avec un premier kilomètre assez plat sur une petite route. Puis nous continuons sur un chemin qui se rétrécie vite et entamons la première et plus grande montée de la course dès le cinquième km pour rejoindre le Hohneck.

 
Au dixième km, à la ferme auberge du lac de Schiessrothried à 929m d’altitude, nous avons droit au premier des quatre ravitaillements du parcours. C’est un petit lac du versant alsacien des Vosges, d'origine glaciaire et ses eaux rejoignent la Fecht par un petit affluent, le Wormsabachrunz. Situé au pied du Hohneck, il n'était à l'origine qu'une tourbière creusée et devint réellement un lac par l'édification d'un petit barrage assez discret, ce qui fait croire à beaucoup qu'il est d'origine naturelle. A ce moment de la course, je suis 69ème au classement : je suis parti assez vite mais j’ai vite ralenti sachant que la course sera longue et difficile.

 
Au douzième km, nous arrivons au sommet du  Hohneck, troisième sommet du massif des Vosges avec 1363m d'altitude. La montée était plus aisée que je ne le pensais avec de beaux paysages sous un soleil éclatant mais sans qu’il ne fasse trop chaud, et nous voyons même encore un peu de neige. Le Hohneck (du germanique " Hoh " signifiant sommet et du celtique "ek" signifiant pointu) domine la ligne de crêtes qui sépare l'Alsace de la Lorraine et est le sommet le plus élevé de cette dernière région. Un ballon voisin, situé à 1,5km à l'est seulement et culminant à 1289m est dénommé le Petit Hohneck. Le Hohneck se situe à l'étage subalpin, facilement remarquable par ses versants rocheux et abrupts, par une absence de végétation due aux vents pouvant être violents et aux températures basses en hiver, et où le sapin et les hêtraies ne se développent plus et laissent place aux espèces de plantes alpines et aux chaumes, vastes étendues herbeuses, équivalentes aux alpages dans les Alpes.

 
Nous entamons très vite la descente jusqu’au 18ème km et cela se complique pour moi. En effet, j’ai encore des séquelles à ma cheville gauche et des douleurs aux tendons d’Achille et j’éprouve aussi des difficultés car le sentier est jonché de cailloux, d’éboulis, de racines et de boue due aux ruisseaux. Ensuite nous faisons rapidement le tour du lac d’Altenweiler situé à 920m d’altitude au pied du Rainkopf et du Kastelberg.


 
Je cours ensuite plus lentement que je ne le voudrais sur le chemin, alternant montées et de descentes jusqu’à Raedlé au 33ème km à 820m d’altitude. Je mange quelques abricots pour me redonner des forces puis repars, mais je continue à me faire doubler par beaucoup de coureurs. Voyant que je manque un peu d’énergie, je décide de ne plus ne focaliser sur le temps qui passe mais de courir uniquement pour le plaisir.

Aussi, j’entame la montée jusqu’au 44ème km et rejoins la ferme auberge du Rothenbrunnen tout proche du Petit Ballon à 1139m d'altitude. Je m’arrête au dernier ravitaillement et pour admirer le paysage vers la plaine d’Alsace. Située à deux pas du sommet du Petit Ballon (1272m), le tracé est sur le parcours de plusieurs sentiers de randonnée dont le GR532 et du Trail du Petit Ballon, couru avec Julien en mars 2011, mon premier trail d’une distance supérieur au marathon. Justement, j’entends la voix de Julien dans mon dos me disant : « Rémi, j’arrête ». Tout surpris car je le pensais devant moi, je me retourne et aperçois mon frère grimaçant. Je lui réponds du tac au tac « non tu n’arrêtes pas ! » Il m’explique ce qu’il a enduré, je comprends mieux et lui propose que l’on termine ensemble, surtout que nous sommes presque arrivés dans la descente finale. Aussi, nous repartons d’abord tout doucement puis petit à petit, je vois que Julien va mieux et nous reprenons une assez bonne cadence en doublant même quelques coureurs.



L’arrivée restera un moment magique. Nous terminons ensemble et dans le dernier virage, j’aperçois Cécile coiffée de la casquette de Papa qui me sourit et m’encourage, avec Maman à ses côtés. Quasiment en même temps Papa arrive avec Arthur et nous passons la ligne d’arrivée sous les applaudissements, Julien, et moi en donnant la main à Arthur. Quel beau finish ! Quelle belle et difficile épreuve d’une distance totale de 52,8km pour 2247m de dénivelé positif courue en 6h49'10". Nous finissons 138ème sur 466 coureurs (401 arrivants) et je suis 53ème V1.




 
Nous pouvons enfin nous reposer et nous restaurer dans la salle des sports de Muhlbach : au choix saucisses ou assiettes des Marcaires avec sa tourte et dessert (dont deux desserts pour Cécile). La suite reste festive même si Julien avec Arthur et mes parents repartent, Cécile et moi passons la soirée chez Violaine, la meilleure amie de Cécile, Jérôme et leurs enfants. La nuit est réparatrice et le petit-déjeuner servi en chambre l’est tout autant, tellement il est copieux. C’est sur cette note que nous repartons vers Nancy en attendant de suivre de nouvelles aventures.

Julien et moi pouvons désormais regarder vers l’Ice Trail Tarentaise !

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