Le marathon blanc du Hengst



Depuis quelques temps, avec Julien, nous avons pris l’habitude de courir juste tous les deux, chaque hiver, un trail sur une distance marathon. Pour s’entraîner, mais surtout pour s’amuser et aussi parce que nous aimons nous retrouver entre frères et courir en papotant pendant plusieurs heures.


 Cet hiver, la date choisie pour notre sortie trail est finalement le vendredi 13 février et en cette année 2015, c’est au tour de Julien de choisir le parcours.

Nous avons du décaler notre course d’une semaine car Julien victime d’une grippe n’était pas assez remis pour une longue sortie. Heureusement, il a vite été à nouveau d’aplomb pour recourir.

Aussi, ce vendredi, je me lève à la même heure que si j’allais travailler, à 6h15’, mais prends le temps de boire un café et de manger le reste de pâtes de la veille avant de partir. Après 4km de marche à pieds sous un brouillard givrant, j’arrive à la gare de Nancy. Julien m’envoie un message en me disant que l’on avait de la chance avec le temps…il y a du soleil. Moins de 45 minutes plus tard, je suis arrivé à Sarrebourg effectivement sous le soleil et mange quelques beignets avec un café chez mes parents ; c’est mon père qui est venu me chercher. Je ne résiste pas à offrir un premier cadeau pour l’anniversaire de Julien : le fameux sac-gilet de Salomon. Arthur, mon filleul, qui aura 5 ans demain, n’est pas oublié ; il y a également un petit cadeau pour lui.



Ensuite, avec la Dyane, nous nous rendons sur notre lieu du départ, quelques kilomètres après Walscheid. C’est à 10h33’ exactement que nous démarrons notre trail en partant du Hohwalschplatz, col situé dans les Vosges gréseuses du département de la Moselle à 486m d’altitude. Nous rejoignons vite la vallée de la Zorn par le chemin rouge où je me suis promené si souvent étant enfant, et apercevons même un chevreuil. Le ciel est bleu et les sentiers sont blancs de neige ; nous avons de la chance !


 
Nous entamons ensuite l’ascension vers le Hengst et commençons à nous enfoncer dans la neige. En effet, au carrefour du Michelshardt à 665m d’altitude, chacun de nos pas écrase 30cm de neige. Le paysage est magnifique et le panorama s’ouvre vers Dabo. Nous sommes les premiers humains passant par là et il faut faire la trace. Tout à coup, trois biches passent devant nous, et elles semblent flotter sur la neige.  Un peu plus loin, nous pouvons voir d’autres traces d’animaux et après vérification, nous savons que soit un loup ou un lynx est passé par là !

 
Le  froid devient saisissant, nos pieds étant trempés et il est dur d’avancer tant il faut lever les genoux. Nous mettons deux heures pour parcourir seulement 10km et arrivons enfin au Hengst à 870m d’altitude. Et, il y a entre 50 et 80cm de neige !
Nous faisons notre pause pique-nique avec une Cliff bar au beurre de cacahuète chacun, un morceau d’Ossau-Irraty et un quignon de pain, ce qui nous redonne des forces. Nous réalisons que nous n’arriverons pas jusqu’au rocher de Mutzig (1010m), sommet qui était notre but, avec cette épaisseur de neige et choisissons un autre parcours plus roulant.



Aussi, nous dévalons la route forestière sur une dizaine de kilomètres pour rejoindre à nouveau la vallée de la Zorn. Nos pieds se réchauffent sur cette route enneigée et, comme une voiture 4x4 est passée par là, ils ne s’enfoncent plus. Nous avons l’impression de courir sur un large chemin glacé et après avoir longé la rivière, la Zorn jaune, nous remontons vers le rocher du Eselfels à 530m d’altitude, passons à côté des vestiges du cimetière gallo-romain pour rejoindre le rocher du Hohwalsch  surplombant le col, lieu de notre départ, à 558m d’altitude. Comme nous repassons près de la voiture, nous nous arrêtons quelques instants pour boire du thé de la thermos restée dans le véhicule. Un vieil homme s’approche de nous, vite rejoint par sa femme et ses deux petits-fils, il est émerveillé par la Dyane bleue. Mon frère lui explique alors son histoire de 36 ans déjà maintenant, souvenir de notre Grand-Mère.

 
Nous avons déjà couru 28km et il nous reste du temps pour poursuivre l’aventure. Nous rejoignons à nouveau la vallée par le chemin du Grosskehr et revenons par la route passant par la maison forestière de Beimbach. Il y a moins de neige mais tout est glacé ; c’est un bon entrainement pour l’Ice Trail de cet été.


Pour terminer notre trail running, nous nous dirigeons vers la source de la Bièvre par un sentier pour retrouver ensuite la Dyane après 5h01’03  de course pour une distance parcourue de 40,3km dont 1131m de dénivelé positif.

Nous devons nous dépêcher de rentrer chez nos parents si je ne veux pas rater mon train de 18h pour retrouver en soirée Cécile ma femme chérie.

J’aime courir, mais avec mon frère Julien c’est encore mieux, et à chaque fois nous passons un très bon moment.
Nous nous retrouverons bientôt pour courir le Trail des Marcaires qui passera au Hohneck à 1363m d’altitude puis pour l’Ice Trail à Val-d’Isère avec des passages à plus de 3000m, ce qui promet d’être grandiose.

Posts les plus consultés de ce blog

L'histoire du marathon

TDS, Sur les Traces des Ducs de Savoie

Le 80km du Mont-Blanc, deux frères ultra-trailers