OCC, mes premières foulées sur l'Ultra-trail du Mont-Blanc



Deux moi après le marathon du Mont-Blanc, je suis à nouveau à Chamonix pour courir l’OCC.


La dernière semaine d’août, les trailers du monde entier courent par delà les frontières autour du massif du Mont-Blanc entre France, Italie et Suisse sur l’une des cinq épreuves de The North Face Ultra-Trail du Mont-Blanc. L’effet "trail" suscite de nouvelles envies et pour la première fois cette année, une course part de Suisse, l’OCC.

Aussi, l’édition 2014 a donné naissance d’Orsières–Champex–Chamonix : OCC avec 53km et plus de 3300m de dénivelé positif pour environ 1000 participants (1280 exactement) dans la catégorie Ultra-trail medium.


L’UTMB découvre les trois pays, la CCC qui démarre d’Italie passe en Suisse, la TDS s’ouvre vers le Beaufortain et l’OCC fait maintenant honneur au Valais suisse. La course s’élance depuis Orsières situé au sud-ouest du canton dans le Val d’Entremont. Cette vallée offre des paysages uniques : derniers éperons et ultimes aiguilles du flanc oriental du Mont-Blanc dessinant la frontière franco-suisse, glaciers suspendus sur des rochers polis, torrents fougueux… Le tracé de l’OCC passe au cœur de cette nature avant de rejoindre Champex et la dernière partie tout aussi magique du parcours de l’UTMB ou de la CCC jusque Chamonix.
C’est une épreuve de course de montagne comportant de nombreux passages en altitude dans des conditions climatiques pouvant être difficiles nécessitant un bon entraînement, un matériel adapté et une réelle capacité d’autonomie personnelle. Cette course en pleine nature nécessite donc un matériel obligatoire : réserve d’eau d’un litre minimum, aliments solides, veste imperméable, bonnet ou bandeau, gants, pantalon long, couverture de survie, lampes frontales, sifflet, téléphone portable, carte d’identité et 20 euros.

Devenu un habitué des voyages et des courses en compétition, je pars mardi 26 août peu après 7h15’ pour rejoindre Chamonix. Après avoir embrassé Cécile, ma femme chérie, je marche quelques minutes jusqu’à l’arrêt pour prendre le bus me menant à la gare alors que la plupart du temps je m’y rends à pieds. Direction Paris avec le TGV de 8h17’ pour la première partie du voyage, et après deux trajets en métro, je prends le second train pour Annecy ; c’est ici que je retrouve mes parents. Cette fois-ci, Julien n’est pas de la partie, ce sont Papa et Maman accompagnés de Teddy qui me tiennent compagnie. Ils sont partis de Narbonne-Plage le matin même, et depuis Annecy, sous des trombes d’eau, nous rejoignons Chamonix ensemble en voiture. 

Nous logeons dans un petit hôtel familial au Lavancher, quelques kilomètres après la sortie de Chamonix en direction d’Argentière et de la Suisse. Plusieurs coureurs de l’UTMB y logent également et comme eux, je note mon nom et numéro de dossard sur une feuille à cet effet pour le suivi de la course en live sur internet. Le soir, nous déambulons en ville comme les autres touristes, à la recherche du bon petit restaurant. La pluie s’est calmée et il ne fait pas trop froid, nous pouvons dîner en terrasse, chauffée, une fondue aux trois fromages pour mes parents et des spaghettis à la carbonara pour moi. Nous visitons ensuite la ville à la tombée de la nuit, parcourons cinq km au centre-ville et après quelques photos de l’arche d’arrivée des courses de l’UTMB (située au même endroit que lors du marathon du Mont-Blanc de juin dernier devant l’église Saint-Michel), nous pouvons contempler le coucher de soleil sur le Mont-Blanc dégagé de nuages…magnifique !




La veille de course est une belle journée ensoleillée, faîte de promenades (près de 20km de marche au total), petit déjeuner à l’hôtel, pique-nique à midi et à nouveau au même restaurant que la veille le soir : cette fois-ci, pizza pour mes parents (et Teddy) et toujours des spaghettis (à la bolognaise cette fois-ci) pour moi. Et surtout, je vais retirer mon dossard, chose compliquée pour ne pas dire difficile. En effet, je m’y rends une première fois avec ma carte d’identité mais il faut que j’y retourne pour présenter mon sac de course et tout le matériel obligatoire. Ma veste passe au contrôle, ce qui n’est pas le cas de tout le monde, mais je n’ai pas de recharge pour ma lampe frontale. Je suis obligé d’aller en acheter une deuxième pour la présenter et pour que, enfin, mon inscription est validée. Un comble quand même car, sauf les derniers, allons courir de jour… Je quitte les lieux avec mon bracelet orange OCC au poignet droit, assez fier de pouvoir participer à la grand’messe du trail.



Le jour de la course, je dois me lever très tôt car c’est à 4h45’ que mon bus part de Chamonix pour rejoindre Orsières dans le Valais suisse, lieu du départ. Mais avant cela, c’est Papa qui fait office de taxi. Ensuite, le trajet en car passe assez vite, même s’il est plus long que je ne pensais : 1h05’ en passant par Martigny. Arrivé à destination, comme bon nombre de coureurs, je me réfugie dans la salle des sports où un café est offert. Je prends une chaise et m’installe en prenant mon petit déjeuner : petits gâteaux au chocolat et jus d’ananas achetés la veille. Je décide ensuite d’aller aux toilettes et il me faudra patienter encore près de 45 minutes dans la file d’attente en compagnie d’Allemands, d’Italiens, de Belges, de Turcs…et même d’un Argentin venant de Patagonie ! Avec d’autres, je me dirige ensuite à pieds derrière l’arche de départ au cœur de la ville.



Il est 8h, le speaker entonne le compte à rebours, la musique est à fond et un drone survole et filme les coureurs. Je suis proche de la tête du peloton sur la ligne de départ et dès le top, cela part vite. Il y a une bonne ambiance et des enfants au bord de la route, tous heureux à nous taper dans les mains. Vite, nous sortons d’Orsières situé à 911m d’altitude et très tôt nous attaquons les premières pentes ; je pense à m’économiser et ralenti donc un peu. En effet, la montée sur Champex est assez sévère, plus que je ne le pensais.
Je rejoins Champex-Lac au 8ème km en 53 minutes (à 8h53’) et suis alors 78ème au classement général. Je me ravitaille en buvant de l’eau rapidement puis repars à un bon rythme le long du lac (1468m d’altitude).






Ensuite se présente l’ascension de Bovine culminant à 1987m, première véritable difficulté, et j’ai l’impression de ne pas grimper très vite. Impossible même de maintenir une petite foulée, je ne suis pas dans un aussi bon jour que pour le marathon du Mont-Blanc. Je trottine sur le haut de cette montée puis me lance dans la première longue descente du parcours.



Il est 10h27’ lorsque j’arrive à La Giète au 19ème km et je suis 107ème au classement. Puis le parcours continue par le col de la Forclaz (1157m). Un rapide coup d’œil et je vois la prochaine difficulté face à moi : Catogne ! Mais il faut continuer à descendre jusqu’à Trient avant de reprendre plus de 800m de dénivelé positif. La descente est raide et j’arrive au ravitaillement de Trient (situé à 1303m), au 24ème km à 10h55’. Je suis encore 99ème et ressors du stand de ravitaillement 5 minutes plus tard.
J’essaie de poursuivre ma route à un rythme assez soutenu mais très vite, la pente s’accentue et il est alors impossible d’installer durablement une petite foulée. Aussi, j’alterne course et marche rapide avec les mains sur les cuisses quand la pente est trop ardue. Je prends le temps de regarder le magnifique paysage qui m’entoure et même de prendre une photo. J’atteins Catogne à 2031m à 12h19’. Nous sommes alors au 29ème km et je suis au 136ème au classement.
Après le sommet, la descente vers Vallorcine est longue et technique, et j’arrive à 13h au ravitaillement situé au 34ème km, à 1270m d’altitude. Je suis 139ème au classement et je reste sous la tente pendant 8 minutes où je mange un peu et bois. Un jeune garçon me propose même de remplir d’eau mes flasques, ce que j’accepte volontiers.




Autant jusqu’à Vallorcine, je ne connaissais pas le parcours mais désormais, j’ai déjà parcouru chaque mètre lors du dernier marathon alpin. Il faut ensuite grimper le col des Montets à 1461m d’altitude et j’ai du mal à ne pas marcher. J’essaie quand même de courir le plus possible et je vais faire une partie de la route en compagnie d’un coureur d’Annecy.



J’entame enfin l’ultime difficulté en direction de la Flégère ; c’est une ascension en deux parties. D’abord, 250m de dénivelé positif puis une descente vraiment technique où il faut parfois s’aider de ses deux mains pour avancer. Ensuite, il reste 400m de montée pour atteindre la Flégère. Il y a deux mois, j’ai déjà couru au même endroit avec un dossard sur le marathon du Mont-Blanc et aujourd’hui, c’est presque la même chose sauf qu’il fait beau et qu’il y a quelques randonneurs. La montée me parait toujours aussi longue et je m’octroi une pause : je m’assois quelques minutes sur un rocher et mange une barre énergétique. Je peux contempler le Mont-Blanc, majestueux…Cet instant est magique, mais vite écourté car deux coureurs arrivent et m’encouragent à repartir en me disant qu’il ne reste qu’une demi-heure d’ascension. Il fait chaud et je suis trempé de transpiration mais je m’accroche. Enfin, je sors de la forêt et je sais qu’il ne reste plus que 150m à monter pour arriver au sommet. J’arrive à 15h45’ au dernier ravitaillement de La Flégère, à 1858m d’altitude au 45ème km. Finalement, je ne me suis pas fait trop doubler par les coureurs aidés de bâtons de trail et suis 199ème. J’essaie de ne pas trop m’attarder mais je veux quand même m’alimenter pour terminer ce trail en forme, surtout pour l’arrivée dans Chamonix ; certains ne s’arrêtent même pas.



Il reste la dernière descente de 8km et de 800m de dénivelé négatif. Le début de la descente est raide, plus que dans mes souvenirs d’il y a deux mois, avec toujours des caillasses et des racines, et je commence à avoir des contractures. Il est presque impossible de poser les pieds à plat tellement il y a de pierres. Je suis obligé parfois de m’arrêter pour faire des étirements et pour boire de l’eau. J’avale la partie la plus technique puis je traverse la terrasse du chalet de la Loriaz. Je relance pour atteindre Chamonix au plus vite et double quelques coureurs. Puis la route se présente sous mes pieds et les premières maisons apparaissent. Un petit détour pour rejoindre le torrent et je comprends la ferveur de cette semaine de trail : il y a vraiment beaucoup de monde. Je garde un bon rythme, n’ayant aucun autre coureur en vue, ni devant moi, ni derrière. Plus la ligne d’arrivée approche et plus la foule est dense, c’est un magnifique moment. Je tape dans les mains de quelques spectateurs et beaucoup m’applaudissent. Terminer une course à Chamonix est l’assurance d’avoir quelques frissons ; je vois même mes parents à ma droite juste avant de franchir la ligne.
A 16h43’, me voici sous l’arche d’arrivée de Chamonix (1035m d’altitude) : je termine 212ème et suis 48ème de ma catégorie sur 1199 partants (1280 inscrits, 1109 arrivants) en 8h43’33 (8h18’13 sans les pauses) pour donc 53km et 3361m de dénivelé positif. Le parcours était de toute beauté sous un soleil radieux avec des panoramas superbes.







Une bière et un peu de fromage en guise de ravitaillement à l’arrivée et nous retournons à l’hôtel où je peux prendre une bonne douche réparatrice. Un petit coup de moins bien et même des crampes mais cela ne dure pas et le soir, je peux dévorer une bonne raclette.





Après une nuit de sommeil bien méritée et le petit déjeuner copieux de l’hôtel englouti, nous quittons Chamonix assez vite. Et je n’ai plus qu’une seule idée en tête : arriver avant que Cécile ne parte travailler en début d’après-midi, juste pour avoir le bonheur de la revoir et de l’embrasser. Tout fier, je n’oublierai pas ce moment non plus et j’ai même droit à un cadeau ! 

Marathonien, je suis devenu un trailer ! Et, j’en suis sûr, je retournerai courir au pied du Mont-Blanc !



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