Mon terrain de jeu : Villers-lès-Nancy et la forêt de Haye

 
Courir est devenu au fil du temps mon jeu et sport préféré.
Depuis tout jeune, je cours ! Tout d’abord à Sarrebourg où j’ai passé toute ma jeunesse : dans la cour de notre maison, pour aller à mon école, à l’étang Lévêque, sur les hauteurs du Rebberg, ou encore en forêt à Beimbach aux abords du chalet de ma Grand-Mère.

Une fois le bac en poche, je suis parti faire mes études de géographie à l’Université de Nancy et de ce fait, mon terrain de jeu a changé.
Au début, je courais dans le quartier du val de Villers, puis à partir de la rue de la Colline où j’ai résidé le temps de mes études. Tout en montée, cette rue m’amenait au Haut de Chèvre, au parc de la Cure d’Air et à ses escaliers, et vers les chemins des jardins de Laxou.
Devenu salarié, je suis allé habiter au centre-ville, mais avec la chance d’avoir deux parcs près de chez moi : la Pépinière et surtout le parc Sainte-Marie. C’est dans ce dernier que je courais la plupart du temps le soir en hiver, en réservant le chemin du long du canal et de la voie ferrée en journée (direction Champigneulles-Frouard-Pompey ou vers Laneuveville), ou le long de la Meurthe. Il m’est arrivé de monter jusqu’au point le plus haut du plateau de Malzéville ou de partir en train (vers Dieulouard ou Dombasle-Saint-Nicolas) et de revenir chez moi en courant.

Puis, changement de décors, j’ai retrouvé après quelques années Villers-lès-Nancy. En effet, j’y ai emménagé avec Cécile : dans un appartement près du parc de Remicourt.


Villers-lès-Nancy est une commune qui se situe dans la banlieue Sud-Ouest de Nancy (Nord-Est de la France en Lorraine).
Elle s’étend sur 994 hectares depuis Nancy jusque sur le plateau de Haye et sa forêt et compte environ 15.000 habitants qui sont appelés des Villarois.

C’est dans une charte de l’an 942 qu’apparaît pour la première fois le nom de Villers (du gallo-romain « Villare ») et l’histoire de la commune est déterminée par sa situation, mais aussi par son relief et sa géologie : un plateau calcaire, culminant à 381m d’altitude, ponctué de quelques affleurements de minerai de fer et dont le versant Nord-Est, argileux dans sa partie inférieure, est entaillé par le lit de trois ruisseaux (Montet, Fontenat, Asnée) se jetant dans le Saurupt qui draine les eaux en bas des côtes (aujourd’hui canalisé sous terre). Dans cet environnement propice, la forêt couvrait tout le territoire (hêtres en haut des côtes, chênes en bas).
Aujourd’hui encore, Villers est surnommé le poumon vert de Nancy avec 44% de son territoire communal occupé par la forêt et des parcs.
Au début du XXème siècle, le village de Villers-lès-Nancy ne comportait que quelques chemins désignant une direction ou un lieu-dit, le plus ancien étant celui du Haut de la Taye. La Grand’Rue qui parcourait l’ancien village, bordée de belles propriétés, était appelée "chemin allant à Nancy". De l’église Saint-Fiacre partait une autre voie portant le nom de ce saint patron. Depuis longtemps aussi, d’autres chemins conduisaient à de nombreux écarts, le plus ancien menant à l’abbaye de Clairlieu. Évitant le village, une route venant de Nancy fut longtemps désignée "route de Maron" et un chemin allait aussi en direction de Laxou, en traversant le ruisseau de l’Asnée ; il rejoignait Maréville.
À la fin du XIXème siècle, la ville de Nancy a éclaté dans ses limites : sa population avait pratiquement doublé depuis l’annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine par l’Allemagne. Nombreux étaient aussi les ruraux qui quittèrent leurs villages pour venir travailler et habiter en ville.
Mais ce n’est qu’au cours du XXème siècle que les villages s’urbanisèrent et que la population rurale devint citadine, les nouvelles rues se multipliant.
Après la Seconde Guerre mondiale, on a assisté à une véritable explosion de la construction. Villers a échappé heureusement à la frénésie de l’habitat collectif. On y a privilégié la petite propriété et les pavillons, sans pourtant négliger l’implantation de logements sociaux dans des structures aux dimensions moyennes.

La commune est actuellement composée de 3 quartiers : Placieux-Mairie, construit entre 1930 et 1970 qui constitue "Villers-Bas" avec le boulevard de Baudricourt (quartier commercial) et le boulevard des Aiguillettes (la mairie inaugurée en 1966, la poste ouverte en 1969, le centre commercial Plein Centre), Botanique-Village qui va du vieux Villers (centre historique du village autour de l’église Saint-Fiacre) au jardin Botanique du Montet et au plateau de Brabois, Clairlieu situé dans une clairière de la forêt de Haye au-delà de l’autoroute A33.
L’avenue Paul Muller est la voie la plus longue de la commune : 4750m. Elle débute au boulevard des Aiguillettes, se prolonge à travers le plateau de Brabois et traverse tout Clairlieu avant d'atteindre la forêt de Haye. Prévue dès la création du lotissement de Clairlieu en 1972, elle suit et se substitue à d'anciennes voies dont le chemin de Remicourt.
Villers compte quatre parcs publics : Remicourt (11 hectares), Madame de Graffigny (6,5 ha), Brabois avec une vue sur toute l’agglomération de (60 ha) et celui du bassin de la Sense à Clairlieu, et sept châteaux : celui de l’Asnée qui était d’abord un lieu-dit planté de saules (première mention en 1491) où on y trouvait un pâquis, un moulin, une tuilerie et où se trouve depuis 1934 un séminaire, la Tour Greff, le château de Madame de Graffigny, celui de Simon de Castellus, le château Saint-Fiacre (situé sous le parc de Brabois), de Remicourt (origine d’un nom de personne ou de peuple Remi et de curtis mot qui désigne le centre d’un grand domaine foncier mentionné pour la première fois en 1127), de Brabois (terres défrichées dès le Moyen-Age) ; un 8ème château, Hardeval, existait jusqu’en 1970.


 C’est en forêt de Haye (du terme celte Hag signifiant forêt), vaste massif boisé de 10000 hectares aux portes de Nancy, où j’ai déjà couru maintes fois, que je décide de courir en ce beau vendredi ensoleillé.
Je suis chanceux car ce jour de congé du 14 Mars 2014 a été posé il y a longtemps et je ne pensais pas qu’il ferait si beau. En effet, la température dépassera les 21 degrés Celsius l’après-midi.

Aussi, je me lève à la même heure que lorsque je vais travailler (6h30’) et je partage le petit-déjeuner avec ma femme Cécile. Et, après avoir marché 50km en quatre jours, c’est à 8h15’ que je me mets en route.  Je pars léger, en short et t-shirt avec en plus un sous t-shirt technique, mon sac de trail Salomon qui contient trois gourdes de 500ml d’eau, quatre petits sandwichs au jambon fumé et trois barres énergétiques aux noix de cajou (je n’en mangerai qu’une), sans oublier ma montre GPS Suunto, mon iPhone, ma carte d’identité et trois euros.

Le début de ma sortie trail running est très commune à mes entraînements : je commence par descendre l’avenue Paul Muller de Villers-lès-Nancy puis prends à droite pour passer par le contour gauche du parc de Remicourt avant de me diriger rue de Vandoeuvre puis Victor Grignard et c’est par la porte Saint-Fiacre que j’entre dans mon parc préféré, celui de Brabois.  Je le longe d’abord par la gauche puis tout le long par le côté droit qui est le plus long et le plus sauvage, en montant, descendant, zigzagant hors sentier comme je fais souvent.  Je m’arrête quelques instants sur “mon banc de sérénité” et observe tout Nancy jusque de l’autre côté  du plateau de Malzéville. Je passe par l’escalier en rondins de bois, construit cet hiver, que j’affectionne particulièrement. Je sauté à nouveau sur un autre banc en bois, plus robuste, que j’appelle “mon banc d’énergie” pour pousser mon cri de marathonien. On y voit le vieux Villers et son église et au loin, le plateau de Haye.



A la sortie du parc, je redescends ensuite par ce que je nommais “mon kilomètre technique”, 80m de dénivelé pour 1000m, situé entre le parc et  l’avenue Paul Muller, un  single track qui ne l’est plus car il a été élargi, aplani et ravagé par des machines.
Puis, je prends à gauche, sur  moins de 100m, la rue Sous la Croix, et monte comme à chaque fois, tout droit sur l’herbe jusqu’au parc de Madame de Graffigny que je parcours par sa gauche. Prenant la sortie de la rue du Haut de la Taye, je monte  sur quelques mètres rue de l’Abbaye de Clairlieu et je m’arrête quelques instants, au 6ème km, avant de descendre le chemin d’Hardeval et de rejoindre le ruisseau de l’Asnée, pour envoyer un sms à Cécile et répondre à celui de Julien.

  
Après le ruisseau, je suis le sentier, puis c’est par celui de La Brûlée que je rejoins le plateau de Villers, dégagé de tout arbre. J’aime aussi courir à cet endroit car c’est assez technique et je descends un petit sentier arboré puis remonte par un autre. Je passé par la piste cyclable pour prendre le chemin Charlemagne, à côté du stade Roger Bambuc, et entrer en forêt.
La forêt de Haye est majoritairement composée de hêtres, favorisés par le climat et le sous-sol calcaire, mais aussi de chênes, frênes, charmes ou érables et possède tous les aménagements nécessaires à la randonnée. Elle est aussi morcelée par les autoroutes A31 et A33 à la fois d’est en ouest en son centre et du nord au sud, en rocade de l’agglomération de Nancy.

Au bout de quelques kilomètres, à 416m d’altitude, point le plus élevé de mon parcours, je prends la route Nanquette, aux portes de Chaligny, jusqu’à l’arbre de la Vierge de Chaligny et par un autre chemin, j’arrive au Carrefour de la Haute Borne, à la sortie de Clairlieu. Je suis au 18ème km et sur la route, passe par le lieu-dit Marie Chanois et ses deux restaurants, et descend (à 18%) à Chaligny. Au bas du village, comme lors du marathon de la Meurthe couru avec mon frère le 15 Août 2012, j’achète deux bouteilles de 500ml pour deux euros. Je suis au 22ème km et je me dirige vers Maron en courant sur la départementale qui longe la Moselle. Arrivé au village, au 28ème km, je pique-nique sur un banc près de l’ancienne gare, face au soleil, ce qui est très agréable.

J’entame ensuite la plus grande montée du parcours, 200m de dénivelé sur 2km, et dois faire attention aux voitures, certaines se prenant pour des bolides tant elles roulent vite. En haut de la côte, je continue sur la route Charbonnier, passe par le carrefour forestier du Gros Chêne et poursuis jusqu’à Velaine-en-Haye, 39ème km. Je longe l’autoroute, que je ne vois pas, mais que j’entends, jusqu’au carrefour des Cinq Tranchées, entrée du parc de Haye. Je suis à ce moment là au 42ème km, distance marathon et à 4h29’20” au chrono.


Je replonge, plus dans la forêt, vers le Sud, jusqu’au carrefour des 6 Bornes et après avoir vérifié laquelle des six routes je dois prendre, remonte vers le Nord par la route Jean Lebrun jusqu’aux Baraques. Je suis au 50ème km et mes chevilles me font mal ; par contre mes jambes sont encore légères. Je reviens à nouveau vers Clairlieu par le chemin du même nom, longe les bâtisses et traverse la route menant à Maron. Je tourne ensuite sur le chemin Henri Barré pour remonter vers le stade et le plateau de Villers. Ma montre GPS, pourtant chargée à 100% au départ, s’est éteinte, mais heureusement, il me reste 30% de batterie sur mon iPhone avec l’application Runmeter ouverte.
Sur la fin de mon parcours, je repasse par le parc de Brabois et par une autre sortie, je rejoins le point de départ qui est aussi celui de mon arrivée.


En 6h59’, j’ai parcouru, en courant et en marchant 61,3km dont 1700m de dénivelé positif.
Mon but n’était pas de courir vite mais de durer, en temps et sur la distance. Je me suis aussi rassuré quant aux trails à venir en désacralisant la distance et en me rassurant sur mon état physique.
C’était mon ultra-trail de la forêt de Haye. Dans un mois, je vais courir le Grand Défi des Vosges (58km, 2200m de dénivelé positif) et j’aurai 41 ans.

Villers-lès-Nancy est un cadre agréable, verdoyant, calme et proche de la ville de Nancy.

Bien sûr, il m’arrive encore de courir à Sarrebourg quand je rends visite à mes parents ou dans la forêt de Phalsbourg accompagné de mon frère, ou ailleurs en France et Europe pour courir un marathon ou un trail.

Mon terrain de jeu principal se situe donc à Villers-lès-Nancy, un cadre arboré, mais, courir est un des rares sports qui peut se pratiquer n’importe où l’on se trouve, ce qui en fait mon jeu préféré.

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