Un trail forestier entre frères



Le trail des Lumières de Villers-lès-Nancy : un trail forestier entre frères


Ce samedi d’octobre, le 19 a lieu la 9ème édition du Trail des Lumières à Villers-les-Nancy.

Pour cette année 2013, avec mon frère Julien, nous avons fait le choix de ne pas courir le semi-marathon de Nancy, qui était devenu une habitude, mais de courir ce trail en équipe de 2. Nous avons déjà couru très souvent ensemble, en entraînement, mais aussi pour de longues courses comme dernièrement le marathon du Donon ou les années précédentes, les marathons et trails du Kempel ou de la Meurthe, et celui de la Zorn.

Au réveil, je ne suis pas très confiant avec mes blessures, mais déterminé. Depuis un mois, je suis soigné pour une tendinite au tendon d’Achille à la cheville gauche et pour ce qui est sans doute une fracture de fatigue à la cheville droite (le plus douloureux et ce qui me fait parfois boiter). La veille, mon kiné m’a posé un strap, pour que cette cheville tienne le temps de la course. De plus, depuis la veille, je suis enrhumé et fébrile. Cécile ma Femme me soigne mais je pense que j’ai quand même un peu de fièvre. Des incertitudes donc, couplés par le manque d’entraînement : moi qui courais 40 à 50 kms par semaine au minimum, je n’ai couru qu’une seule fois 11km dimanche dernier ! La journée passe tranquillement, je prépare ma tenue, mange des tagliatelles puis Julien arrive à 15h.

Nous nous rendons à la faculté des sports toute proche, à pieds, en discutant, pour récupérer notre dossard : numéro 66 et la puce électronique. De retour, le temps de boire une tisane, faute de thé, de manger quelques tartelettes au chocolat et de se mettre en tenue de running, nous repartons pour la ligne de départ.

17h30 et le trail de 32,8 kms dont 800m de dénivelé positif s’élance du bas du parc de Remicourt. Ce parc est juste à côté de notre appartement, aussi j’y passe à chaque sortie course à pieds. Cette fois-ci, il faut monter par l’herbe, pas par le sentier comme j’en ai l’habitude, sortir par le côté du château, rue de Vandoeuvre, passer à côté des résidences Saint-Fiacre en construction pour prendre le chemin qui nous amène au parc de Brabois. Ce parc là est sans doute mon préféré car il y a 3 entrées possible par des chemins tout en montée, et son tour par le côté Villers, si calme, offre une vue magnifique sur l’agglomération de Nancy. C’est par ce côté là, le plus long et le plus vallonné, que nous passons mais sans prendre le chemin le plus pentu. Ensuite, sortons du parc de Brabois, traversons l’avenue Paul Muller, pour passer sur le plateau de Villers, endroit que j’appelle les chaumes. La course nous fait passer à côté du stade Roger Bambuc, lieu de départ et d’arrivée du semi-marathon de Villers qui a lieu au mois de mars (où j’ai même couru un marathon en 2008) pour longer Clairlieu. Le chemin est plutôt bon et assez descendant et nous nous dirigeons vers Chaligny. Arrivés vers les hauteurs du village, nous alternons maintenant des montées et descentes dans une semi obscurité. Quelques coureurs éclairent par instant le sentier, ce qui aide à mieux voir les embuches. Racines, caillasses et même à moment donné des troncs d’arbres : il faut sauter pour les passer, ce qui à ce moment de la course, est assez fun. Malgré quelques douleurs, ma cheville semble tenir, ce qui me rassure. Je fais juste attention de bien poser le pied au sol pour ne pas me tordre ma cheville fragile. J’ai juste parfois des frissons sans doute dus à un peu de fièvre. Toujours avec Julien, nous arrivons au ravitaillement de Maron peu après le 14ème km. Je mange du pain d’épices et un bénévole remplit ma gourde. Et surtout, nous mettons enfin notre lampe frontale. Au milieu du village, nous tournons à droite pour entrer dans une forêt noire. Le sentier est devenu raide, il faut marcher. Quand il redevient légèrement descendant, Julien double un coureur avec marqué "Monaco" sur l’arrière de son cuissard. Je n’ai pas le temps de le doubler à mon tour car il se tort la cheville et se retrouve au sol. Nous le laissons derrière nous, le visage grimaçant, après s’être assuré que cela allait peu après. Finalement, nous le revoyons juste derrière quelques kms plus loin. Le parcours est fait de belles montées mais aussi de descentes. Moi qui adore courir à fond dans les descentes, cette fois-ci je ne peux pas ce qui est un peu frustrant. Sentant même un petit coup de mou dans la longue montée du 20ème km, je sors un gel de mon sac que j’avale doucement. J’avais déjà mangé quelques dates que Cécile m’avait données. 2 kms plus loin, il y a déjà le 2ème et dernier ravitaillement : toujours du pain d’épices pour moi et je fais à nouveau remplir d’eau ma gourde que je garde toujours à la main. La course devient beaucoup plus compliquée car le chemin est sur cette partie (jusqu’à 2km de la fin) très boueux. Il faut même parfois se tenir à une branche pour avancer et on a l’impression de patiner tout le temps. Ce qui me pose le plus de soucis, c’est que j’ai du mal à garder ma cheville droite rigide, ce qui me donne quelques douleurs. Au 25ème km, je m’arrête même pour marcher quelques mètres à cause d’une contracture à la cuisse droite. Julien m’attend mais on repart et je n’aurai plus d’alerte sur le reste de la course. Nous passons ensuite par le carrefour forestier des 6 bornes. La dernière fois que j’y suis passé, en début d’année, le sol était glacé et recouvert d’une épaisse couche de neige. Pas de doute, je préfère glisser sur un chemin blanc que sur de la boue ! L’allure étant devenue plus faible, nous pouvons discuter et nous entendons plusieurs fois le hululement d’un hibou. Nous passons enfin sur la passerelle qui surplombe l’autoroute et redoublons les coureurs qui nous avaient passé au 25ème km. Il nous reste plus que 4km et nous accélérons un peu, toujours en pataugeant dans la boue. Nous arrivons à nouveau à Villers pour prendre le chemin d’Hardeval. Terrain moins boueux maintenant, je connais ici les moindres pierres car j’y passe presqu’à chaque sortie de course à pieds. Nous descendons ensuite vers le ruisseau de l’Asnée qu’il faut traverser en sautillant sur des galets. Cela m’amuse car je suis passé ici même dimanche dernier, sans savoir que le trail passerait par là. Mais juste de l’autre côté, Julien cogne un gros caillou. Il peut quand même continuer et aura juste un ongle bleu. Nous remontons de l’autre côté du ruisseau pour passer ensuite dans le vieux Villers, par le parc de Madame de Graffigny et le long d’un autre ruisseau qui longe l’avenue Paul Muller, juste en face de notre résidence. Enfin, sous la pluie depuis quelques minutes, nous coupons le parc de Remicourt pour terminer notre trail, dans le gymnase de la faculté des sports, en 3h32’14", classés 25ème équipe sur 70. Nous pourrions même enlever les 7 minutes d’arrêt aux ravitaillements.


Un peu d’eau, quelques photos, un coup de fil à nos parents et nous rentrons joyeux malgré la pluie. Ce trail, "maison" pour moi, est vraiment sympa et courir de nuit est une belle expérience. De retour, Cécile est là toute souriante et du riz est en train de cuire. Une bonne douche s’impose et le Picon qui suit aussi. Après le repas, Julien repart retrouver sa petite famille endormie.

Nous avions déjà couru le marathon du Donon cet été ensemble, et la prochaine échéance où l’on sera à nouveau tous les 2, sera le Marathon du Mont-Blanc ! Rendez-vous à Chamonix le 29 juin 2014 à 7h pour le départ, pour une nouvelle aventure.

                              


Pour la petite histoire, nous avons recouru ce trail des Lumières un an plus tard et cette fois-ci nous l’avons terminé en 3h03’35", 6ème sur 63.



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